Nina Simone (1933 – 2003)

— En lien avec notre collaboration avec l’artiste Soizic Bihel autour de la figure emblématique de Nina Simone.

C’est Dieu qui m’a mise au piano.

L’Eglise était la seconde maison de ma mère. A l’âge de trois ans, mes doigts se sont posés sur mes premières touches noires et blanches et tous les croyants de la paroisse se sont cotisés pour m’offrir des cours avec Miss Mazzy.

L’histoire commence là, en Caroline du Nord, pendant la ségrégation.

Une histoire de noirs et de blancs, tout le temps.

Je me souviens qu’à mon premier vrai concert, on a fait déplacer mes parents pour qu’ils laissent leurs places à des personnes d’une autre couleur de peau.

J’ai refusé de jouer. On leur a rendu leur place.

L’histoire commence là aussi, c’est celle de la place qu’on nous accorde.

La place des noirs et des blancs.

Parce que j’étais noire, je n’ai pas pu intégrer l’école musicale dont je rêvais.

Je ne me produirais sans doute jamais sur de grandes scènes comme je l’imaginais.

Mais j’ai été retenue pour jouer dans un bar.

L’histoire continue là, dans la pénombre d’un cabaret d’Atlantic City.

Je me suis mise au piano, j’ai chanté et tout s’est illuminé.

Je me suis choisi un prénom, je ne serai plus Eunice mais Nina.

Je me suis choisi un nom, Simone comme Signoret, un peu de France sur ma peau noire.

L’histoire bascule là, puisque Nina Simone désormais c’est moi.

La suite vous la connaissez, je suis celle qui vous a fait pleurer, tomber amoureux, danser avec l’être aimé, traverser la nuit sur ma voix de feu.

La suite vous la connaissez, je suis celle qui se lève pour défendre les droits des noirs, je suis celle qui ne cède rien, je suis celle qu’on aime et dont on se souvient.

L’histoire aurait pu continuer comme ça.

J’ai quitté l’Amérique, j’ai voulu voir l’Afrique, j’ai voulu voir la France.

Je me suis perdue quelque part, en chemin.

L’histoire a écrit tristement ma fin.

Please, don’t let me be misunderstood.

Je voudrais qu’il reste de moi des chansons, une voix, un regard et la force de croire au destin.

Création originale de texte pour ars in cute : Lisa Balavoine

Retrouvez notre broche culturelle Nina Simone

 

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