Cesária Evora (1941 – 2011)

— En lien avec notre collaboration avec l’artiste Soizic Bihel autour de la figure emblématique de Cesária Evora

Petit Pays. Au Cap-Vert, il est impossible de vivre sans musique. Lorsqu’il n’y a pas de travail, on danse dans les rues sur fond de Morna. La Morna, c’est l’expression du peuple. La terre battue sous les pieds nus, le soleil qui allume nos peaux. La vie. Essencia d’Vida.

Mon père est musicien, ma mère cuisinière. La vie lui ôte des mains sa guitare et son violon brutalement lorsque j’ai 7 ans. Sodade. Durant les cinq années suivantes, je suis placée dans un orphelinat, la chorale est un refuge et aussi le moyen de faire vibrer la vie à travers les voix. Je veux chanter. Sentimento.

La liberté et l’indépendance ne me quitteront plus. J’aime l’authenticité des marins de passage au port de Mindelo, les ambiances enivrantes et caniculaires des soirées enfumées à Lumbo. Je suis la diva aux pieds nus. Mae carinhosa.

Je chante pendant plus de 54 ans, partout. Dans des clubs, ici au pays puis dans les plus grandes scènes, ailleurs à Lisbonne, Paris ou encore aux Etats-Unis à partir de 1998. Je crois que je détonne. Ils n’ont pas l’habitude de voir ça. Mar Azul.

Chanter est un moyen de clamer toutes les émotions nichées au fin fond de mon être. Elles sont là prêtes à dépeindre l’amour déchu, la misère, la joie, la mer, la mélancolie, la perte, le pays, mais surtout l’espoir. Esperança.

Texte original : Cécile Harleaux

Retrouvez notre broche culturelle Cesária Evora

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