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Qui est Martin Luther King ?

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En lien avec la création visuelle de Noir Artist, découvrons la biographie originale de Martin Luther King sous la plume affûtée de la rédactrice Mathilde Jaffre.

Quatre mots.

Quatre mots s’étirent et glissent dans les cieux.

Quatre mots s’élèvent, portés par le souffle de l’espérance.

« I have a dream ! »

Ce 28 août 1963, mon discours galvanise la foule, réunie lors de la Marche sur Washington pour l’emploi et la liberté, et passe à la postérité.

L’image figée d’un orateur charismatique ne reflète nullement mon histoire ;

l’histoire d’un homme habité par Dieu ;

l’histoire d’un engagement inébranlable : mon combat pour les droits civiques des Afro-Américains.

Je suis né le 15 janvier 1929 à Atlanta, en Géorgie.

Très tôt, j’éprouve cruellement une réalité sociale.

Noire, ma couleur de peau ne m’accorde pas les droits des Blancs.

La ségrégation raciale sévit dans les États du Sud.

Brillant élève, j’obtiens un doctorat en théologie à l’université de Boston en 1955.

Au cours de mes études, je découvre les écrits de Mahatma Gandhi, figure pionnière de la non-violence, une arme singulière de protestation face à l’oppression.

J’adopte cette forme de résistance et j’exhorte à l’utiliser dès mon engagement pour le Mouvement pour la liberté.

« La non-violence est une arme puissante et juste, qui tranche sans blesser et ennoblit l’homme qui la manie. C’est une épée qui guérit. »

En 1952, je rencontre  Coretta Scott, une musicienne talentueuse.

Elle est non seulement une épouse et une mère pour nos quatre enfants, mais également une alliée, une force et un soutien indéfectible dans mon combat ;

elle renonce à sa carrière musicale et milite à mes côtés.

Sous influence paternelle, je deviens pasteur baptiste de l’église de Montgomery, en Alabama ;

je suis choisi pour être le porte-parole du mouvement de contestation des Noirs, suite à l’incident survenu le 1er décembre 1955 dans un bus de ma ville ;

ce jour-là, Rosa Parks refuse de laisser son siège à un homme blanc ;

elle est emprisonnée.

Une campagne de boycott envers la compagnie de bus est lancée et dure 382 jours.

Mon éloquence me distingue et assure ma renommée.

Le 13 novembre 1956, la Cour suprême déclare les lois ségrégationnistes anticonstitutionnelles dans les transports et lieux publics.

Cette première victoire en annoncera d’autres.

Victime d’attentats, maintes fois arrêté, emprisonné, menacé, ma détermination reste sans faille ;

j’enchaîne les discours, j’appelle aux marches et aux sit-in.

Le 16 avril 1963, à la prison de Birmingham, j’écris une lettre en réponse à ceux qui dénoncent mes actions ;

« La liberté n’est jamais donnée volontairement par l’oppresseur ; elle doit être exigée par l’opprimé. »

J’aborde la question de la désobéissance civile ;

je soutiens qu’il existe « une responsabilité morale de désobéir aux lois injustes. »

Letter from Birmingham City Jail devient le texte fondateur du mouvement des droits civiques américains.

Durant treize ans, j’apporte à mon peuple le ressort dont il a besoin pour se libérer.

Je réveille sa ferveur pour oser affronter le pouvoir blanc dans la rue ;

sans haine.

« L’obscurité ne peut pas chasser l’obscurité ; seule la lumière le peut. La haine ne peut pas chasser la haine ; seul l’amour le peut. » Wall Street Journal, le 13 novembre 1962.

Lors de mon dernier discours, prononcé le 3 avril 1968 à Memphis, je prophétise ma mort et affirme ma vision de la « Terre promise. »

« J’ai regardé autour de moi. Et j’ai vu la Terre promise. Il se peut que je n’y pénètre pas avec vous. Mais je veux vous faire savoir, ce soir, que notre peuple atteindra la Terre promise. »

Le lendemain, je suis assassiné ; je n’ai que 39 ans.

En moins de quatre décennies, j’ai changé le visage de l’Amérique et du monde.

Mon courage, ma vision et mon sacrifice continuent d’inspirer.

Mathilde Jaffre pour les éditions ars in cute, l’art dans la peau

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