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En lien avec la création visuelle de Véro Blanc Art, découvrons la biographie originale d’Aretha Franklin sous la plume affûtée de la rédactrice Mathilde Jaffre.
Femme de couleur noire, je surgis dans une Amérique ségrégationniste. Je relève le défi !
Je ne prêche pas, je chante. Je chante avec religion.
Je chante la musique de l’âme, le gospel, dans l’Église baptiste de mon père, le pasteur Clarence LaVaughn Franklin.
« Être chanteuse est un cadeau de la nature. Cela signifie que j’utilise au maximum le don que Dieu m’a donné. »
Homme charismatique proche du pasteur Martin Luther King, mon père milite pour les droits civiques des Afro-américains ; de renommée nationale, il est à l’origine de mon engagement.
Grâce à sa force de caractère, il contribue à l’émergence d’une Amérique noire fière qui s’assume.
Mon père oscille entre sa fidélité à Dieu et sa flamme adultère.
Je n’ai que six ans lorsque ma mère déménage. Quatre ans plus tard, la mort l’emporte, sans préavis. Effondrée, je me cloître dans une coquille ; la musique la fissure et me libère.
Je suis une mère célibataire précoce. À douze ans, les premiers cris de mon enfant font échos aux cris des « groupies » lors d’une tournée initiatrice imposée par mon père avec son groupe de gospel.
Dès 1960, je m’engage dans une carrière musicale ; j’aime le jazz et le blues.
Mon père m’encourage à passer de la musique sacrée à profane.
Mon premier single Today I Sing the Blues est un succès. Ma carrière est lancée !
En 1967, je reprends et réinvente Respect, une chanson machiste d’Otis Redding ; j’en fais un tube planétaire. Mes sœurs, Erma et Carolyn, chanteuses, compositrices et parolières, en signent les parties chorales et concourent à son succès.
« Respect, c’était un besoin pour toute une nation, pour l’homme et la femme de la rue, le businessman et la mère de famille, le pompier et l’enseignant. Tout le monde exigeait le respect. C’était également le cri de ralliement du mouvement pour les droits civiques. »
Respect devient, malgré moi, un hymne féministe.
Les épreuves et les chagrins rendent ma musique émouvante et puissante.
Grâce à elle, j’incarne le combat pour l’égalité des Afro-américains.
Chanteuse et pianiste la plus classée dans l’histoire de l’industrie discographique américaine, multirécompensée par mes pairs, j’influence la musique contemporaine en popularisant la musique soul.
Le 25 mars 1942, mes premières vocalises se dissipent dans un état profondément marqué par la ségrégation raciale, le Tennessee.
Je m’éteins le 16 août 2018 dans un pays qui, neuf ans plus tôt, élut Barack Obama, 1er président afro-américain.
Ma vie fut tumultueuse et exaltée par un engagement qui porta ses fruits.
Je suis une légende de la musique, éternelle, inspirante.
Je suis une diva, je suis la « Reine de la soul » !
Mathilde Jaffre pour les éditions ars in cute, l’art dans la peau

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