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Arthur & Paul

Au fils des lettres, unis par les mots Arthur Rimbaud et Paul Verlaine vibrent d’ivresse à l’unisson.

Arthur le jeune impétueux et le Paul l’époux infernal s’échappent vivre leur feu commun.

Le tumulte de l’absinthe et les passions dévorantes les consument.

Les coups de revolver retentissent, le couple se brise.

Paul plonge dans l’illumination religieuse, Arthur fuit au plus loin que ces jambes le porteront.

Un pacte amoureux aux destins poétiques, illumination littéraire. 

Texte original : Olivia Giboz

Retrouvez notre broche culturelle Couples d’écrivains

À VERLAINE
4 juillet 1873
Londres, vendredi après-midi,

   Reviens, reviens, cher ami, seul ami, reviens. Je te jure que je serai bon. Si j’ étais maussade avec toi, c’est une plaisanterie où je me suis entêté, je m’en repens plus qu’on ne peut dire. Reviens ce sera bien oublié. Quel malheur que tu aies cru à cette plaisanterie. Voilà deux jours que je ne cesse de pleurer. Reviens. Sois courageux, cher ami. Rien n’est perdu. Tu n’as qu’à refaire le voyage. Nous revivrons ici bien courageusement, patiemment. Ah, je t’en supplie. C’est ton bien d’ailleurs. Reviens, tu retrouveras toutes tes affaires. J’espère que tu sais bien à présent qu’il n’y avait rien de vrai dans notre discussion, l’affreux moment ! Mais toi, quand je te faisais signe de quitter le bateau, pourquoi ne venais-tu pas? Nous avons vécu deux ans ensemble pour arriver à cette heure là ! Que vas-tu faire? Si tu ne veux pas revenir ici, veux-tu que j’aille te trouver où tu es?
   Oui c’est moi qui ai eu tort.
   Oh tu ne m’oublieras pas, dis ?
   Non tu ne peux pas m’oublier.
   Moi je t’ai toujours là.
   Dis, réponds à ton ami, est-ce que nous ne devons plus vivre ensemble ?
   Sois courageux. Réponds-moi vite.
   Je ne puis rester ici plus longtemps.
   N’écoute que ton bon cœur.
   Vite, dis si je dois te rejoindre.
   À toi toute la vie.

 Rimbaud.      

   Vite, réponds, je ne puis rester ici plus tard que lundi soir. Je n’ai pas encore un penny, je ne puis mettre ça à la poste. J’ai confié à Vermersch tes livres et tes manuscrits.
   Si je ne dois plus te revoir, je m’engagerai dans la marine ou l’armée.
   Ô reviens, à toutes les heures je repleure. Dis-moi de te retrouver, j’irai, dis-le moi, télégraphie-moi — Il faut que je parte lundi soir, où vas-tu, que veux-tu faire ?

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