Albert Camus (1913 –1960)

— En lien avec notre collaboration avec l’artiste Soizic Bihel autour de la figure emblématique d’Albert Camus.

Aujourd’hui, je ne suis plus là. Je remarque que mes écrits perdurent et trouvent parfois un écho retentissant. L’Envers et l’Endroit, L’Etranger, Le Premier homme, la Peste

« L’art n’est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d’émouvoir le plus grand nombre d’hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. »

Discours d’Albert Camus lors de la remise du Prix Nobel de Littérature en 1957.

Je suis né en 1913 en Algérie. Ma famille n’est pas fortunée. Nous n’avons ni l’eau, ni l’électricité. Mon père meurt durant la guerre.

Mon instituteur, Louis Germain m’ouvre au monde. Il marquera ma vie à jamais en me dirigeant vers l’université et le fait d’étudier. Jean Grenier, mon professeur de philosophie m’invite ensuite à la table de Sénèque, Nietszche, Kafka, ou encore Shakespeare. C’est une évidence, je sais que je dois écrire.

La tuberculose tente de m’enseigner sa théorie sur la mortalité. La vie m’est précieuse alors, je vis coûte que coûte. L’amour, la politique, la littérature, tout n’est qu’engagement, espoir, exaltation.

J’apporte mon soutien aux Républicains durant la guerre civile d’Espagne en 1936.

Je quitte l’Algérie en 1939, journaliste censuré, ma parole n’est pas libre. Je ne le supporte pas. J’épouse Francine, professeure et musicienne en 1941.

Les plus grands plaisirs ne coûtent pas grand-chose. Le soleil chauffant la peau, les vagues et leur danse incessante ou encore le théâtre de l’amitié sur fond de tirades et de pensées libertaires.

« Le peu de morale que je sais, je l’ai appris sur les terrains de football et les scènes de théâtre qui resteront mes vraies universités. »

1942 : Gallimard publie mon Etranger, Meursault est en moi. Je suis Meursault, à la recherche de la liberté en toute chose. Résistant à la violence, l’écriture est ma résistance.

Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Michel Gallimard, René Char, le couple Leiris et surtout Maria, mon amour avec qui je correspondrai jusqu’au bout.

Si l’amour passionné est un fidèle allié, l’amitié philosophique ne l’est pas toujours. En 1951, mon amitié avec Sartre est ternie par l’égo pour la sortie de mon livre L’Homme révolté.

Pourtant, « les vrais artistes ne méprisent rien; ils s’obligent à comprendre au lieu de juger. Et, s’ils ont un parti à prendre en ce monde, ce ne peut être que celui d’une société où, selon le grand mot de Nietzsche, ne régnera plus le juge, mais le créateur, qu’il soit travailleur ou intellectuel. »

Discours d’Albert Camus lors de la remise du Prix Nobel de Littérature en 1957.

Le juste milieu, la nuance me caractériseront, je ne crois et prends parti que dans la profonde réflexion. Le monde manque de nuances. Soyons et incarnons celles-ci.

Texte original : Cécile Harleaux

Retrouvez notre broche culturelle Albert Camus et pour célébrer l’amour, notre broche couple Albert et Maria

Pour écouter son discours de la remise du prix Nobel de littérature à Stockholm, le 10 décembre 1957.

 

 

 

 

 

 

 

 

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